Douloureux apprentissage
Par Sandie Tourondel, 16-02-2009
Annoncé comme le leader français de ces Mondiaux, Jean-Baptiste Grange est reparti de Val d’Isère sans aucune médaille. Pour évacuer cette déception une autre quête commence pour le skieur de Valloire, celle de conserver sa première place au classement de la Coupe du Monde de slalom.
A Val d’Isère
Trop de pression
Il est un peu plus de 14h00, dimanche, dans l’aire d’arrivée de la Face de Bellevarde. L’image est saisissante. Julien Lizeroux est agenouillé dans la neige, la tête dans les mains, partagé entre la joie de monter une deuxième fois sur un podium mondial et la tristesse de voir Jean-Baptiste Grange chuter dans le slalom. Quelques minutes plus tard, les deux copains se serrent dans les bras, l’un pour le réconforter, l’autre pour le féliciter. Le constat est pourtant difficile pour le skieur de Valloire. Trois courses, deux abandons et une 7e place. Loin des espérances. «Je suis arrivé ici en tant que leader de l’équipe de France, j’avais une énorme pression sur mes épaules. Je n’ai pas démérité, j’ai montré quand même que je pouvais être là», explique «JB». Bien placé après la descente du super combiné, 3e après la première manche du slalom, les médailles étaient à portée de main. Mais à force de vouloir «rester calme» comme il l’a si souvent répété, Grange est apparu beaucoup moins serein mentalement que d’habitude pendant cette quinzaine. Jacques Théolier, son entraîneur, en est conscient mais ne s’inquiète pas pour l’avenir : «Le mental fait la différence, surtout en slalom car cela se joue sur trois fois rien. Il y aussi cette petite part de chance qui intervient. Même s’il est passé à côté, ce n’est pas la fin de Grange. Car techniquement, quand je vois le ski qu’il produit, je n’ai pas de doutes.»
La suite de la saison
Si les prochains jours ne vont pas être faciles à gérer pour «JB», il devra évacuer très vite cet échec mondial car la saison n’est pas terminée et il reste de belles choses à aller chercher. Actuellement leader de la Coupe du Monde de slalom et deuxième du général, Grange a malgré tout les moyens de finir cet hiver en beauté, à condition de se servir de son expérience de l’an dernier, lorsqu’il avait perdu le petit globe de cristal dans l’ultime course. Il pourra compter sur un soutien, sans faille, de l’encadrement tricolore : «On va aller chercher ce petit globe», lance Bill Brenier, le patron des équipes masculines. Yves Dimier, le directeur technique alpin, poursuit : «C’est une déception pour lui mais le 14 mars, il aura digérer cela.» Le 14 mars qui correspond à la date du slalom des finales de la Coupe du Monde à Are, une piste que Grange affectionne particulièrement après avoir remporté une médaille de bronze mondiale en 2007. Avant cela, le Mauriennais devra se rassurer dès la semaine prochaine en géant puis en super combiné à Sestrières avant le slalom de Kranjska Gora. Selon ses performances et celles d’Ivica Kostelic, forfait aux Mondiaux en raison de problèmes au dos mais en tête du classement de la Coupe du Monde, Grange pourrait éventuellement participer à d’autres courses pour jouer le général. «Je ne vois pas pourquoi je n’arriverai pas à rebondir en cette fin de saison. Mon ski est là, il faut juste savoir tourner la page. Des expériences comme les Mondiaux doivent me servir pour l’avenir», précise t-il.
JB-Julien, le couple gagnant ?
Dès la fin du super combiné, Julien Lizeroux avait soutenu Grange : «La force d’un grand champion, c’est de savoir rebondir et Jean-Baptiste saura le faire.» Dimanche, à l’heure de faire les bilans, le skieur de La Plagne avait tenu à préciser l’apport de Jean-Baptiste dans ce groupe France et son soutien pour la suite : «Il est notre moteur, il nous aide tous beaucoup. Je serai là tout le temps, disponible pour lui, ainsi que tous les autres membres de l’équipe. C’est le panache des grandes équipes de se souder quand l’un d’entre nous va mal.» Deux copains, pour le meilleur et pour le pire. La force tranquille d’un côté, l’hyperactivité de l’autre. JB « le gamin», Juju « le grand taré», voilà comme ils se surnomment mutuellement. Ce mélange inédit pourrait faire le bonheur de tous car désormais, Grange n’est plus le seul leader et les pressions vont être réparties entre les deux hommes. Encore en phase d’apprentissage, comme il le dit lui-même, le skieur de Valloire aura maintenant les moyens de se concentrer plus tranquillement sur son objectif cristallisé de cette fin de saison. En comptant bien évidemment sur celui qui aura ravi les Mondiaux de Val d’Isère par son sourire et son talent, Julien Lizeroux : «Le ski est un sport individuel, mais nous avons tous un objectif commun, c’est qu’il ramène le globe de cristal à la fin de la saison, et nous allons lutter pour ça tous ensemble.»
Les Championnats du Monde en images :








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