Des promesses pour Londres
Par Emmanuel Quintin, 29-08-2011
VIDEO. En terminant deuxième nation derrière le Japon, mais avec un bilan plus doré qu’en 2010 (4 titres), l’équipe de France a globalement réussi ses Mondiaux de Bercy. S’il reste encore du travail, les performances parisiennes peuvent laisser espérer de belles récoltes à Londres dans un an.
Il y a souvent deux manières de dresser un bilan, selon que l’on préfère voir le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. En bouclant ses Championnats du Monde de Bercy au deuxième rang des nations derrière le Japon (Ndlr : les deux titres récoltés dimanche dans la compétition par équipes n’entrent pas en compte dans le tableau des médailles), l’équipe de France de judo a tenu son rang de Tokyo en 2010 (5 médailles cette année contre 6 l’an dernier) en y ajoutant cependant une touche de panache supplémentaire (4 titres individuels contre 2 en 2010). Mais elle a échoué dans son entreprise de venir titiller les Japonais. Après leur razzia de l’an dernier à domicile (23 médailles dont 10 titres), les judokas du pays du Soleil Levant ont encore cassé la baraque à Bercy, glanant 15 médailles (mais seulement 5 en or).
Des filles en or
L’écart se réduit donc mais pas à pas. Pourtant, à un an des Jeux Olympiques de Londres, cette semaine parisienne laisse présager des lendemains qui chantent pour les Bleus. D’abord chez les filles avec la confirmation du talent exceptionnel de Gévrise Emane, victorieuse de son deuxième titre mondial, en -63 kg cette fois après celui décroché en -70 kg en 2007, et Lucie Décosse, qui a, elle, décroché son troisième titre planétaire, son deuxième consécutif en -70 kg. Derrière ces deux locomotives a émergé la jeune Audrey Tcheuméo (21 ans), sacrée championne du monde sur un balayage d’anthologie après avoir déjà décroché le Tournoi de Paris et le titre européen cette année. Ces trois jeunes femmes feront bien évidemment figure de favorites dans un an à Londres, à condition évidemment de se qualifier (Ndlr : il n’y aura qu’une engagée par catégorie contre deux lors de ces Mondiaux). Frédérique Jossinet et Priscilla Gneto (5es respectivement en -48 kg et en -52 kg) auront également leur mot à dire sans oublier quelques talents reconnus passés au travers à Bercy mais qu’il ne faudrait pas enterrer trop vite (Pénélope Bonna, la championne d’Europe des -52 kg, Morgane Ribout et Automne Pavia en -57 kg).
Des hommes plus en retrait
Chez les hommes, la campagne parisienne a été moins prolifique, l’arbre Teddy Riner, devenu le premier judoka de l’histoire à remporter cinq titres mondiaux après une journée parfaite (six ippons en six combats) et d'ores et déjà grandissime favori pour Londres (voir l'avis de David Douillet à son sujet ci-dessous), ne pouvant masquer une forêt dépeuplée (Ndlr : en dehors de Riner, seul Ugo Legrand est monté sur le podium avec sa médaille de bronze en -73 kg). Benoît Campargue, responsable de l’équipe masculine, admet d’ailleurs être déçu par la performance d’ensemble de ses troupes, regrettant que celles-ci n’aient pas été galvanisés par le fait d’évoluer à domicile. S’il promet de faire travailler encore plus dur les judokas tricolores, l’ancien champion d’Europe (en 1992 en -65 kg) pourra tout de même s’appuyer, lui aussi, sur quelques valeurs montantes, à l’image du Niçois Loïc Pietri (21 ans), 5e en -81 kg alors qu’il n’est que 44e mondial (!) et peut-être freiné dans sa course vers le podium par une blessure à un tibia qui l’a contraint à déclarer forfait pour les épreuves par équipe. Dimitri Dragin, seulement remplaçant en individuel mais très bon dimanche avec ses partenaires, et David Larose, 5e en -66 kg, ont également donné satisfaction. Mais tous et toutes n’auront pas le temps de se reposer sur leurs lauriers car dans un peu plus d’un mois, il faudra se remettre au travail et se lancer dans la course à la qualification olympique.








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