La fin d’une ère dorée ?
Par Cédric Callier, 24-01-2013
Eliminée en quarts de finale du Mondial par la Croatie, l’équipe de France doit désormais se régénérer alors que plusieurs de ses glorieux membres tirent le rideau.
C’est bien connu, même les plus belles histoires doivent un jour connaitre une fin. Celle de l’équipe de France au sommet du handball mondial aurait pu s’arrêter il y a un an, après un lourd échec lors de l’Euro achevé à une anonyme 11e place. Mais un semestre plus tard, les Tricolores avaient su renaître de leurs cendres pour conserver leur titre olympique et faire taire les esprits chagrins. Malheureusement, ce sursaut n’aura pas tenu et mercredi soir, Nikola Karabatic et consorts ont vu leur rêve de triplé mondial s’éteindre face à une Croatie indéniablement supérieure. Et cette fois, il semble bien qu’une page doive se tourner pour les fameux Experts…
Après Guillaume Gille, qui avait annoncé sa retraite internationale avant le début du Mondial, ce sont en effet deux autres glorieux anciens qui ont décidé de mettre un terme à leur parcours en sélection : Daouda Karaboué et Didier Dinart. Et deux autres, le capitaine Jérôme Fernandez et Bertrand Gille, s’interrogeraient sur leur avenir en Bleu. Cela pourrait donc bien faire cinq champions olympiques de Londres qui s’arrêteraient. Evidemment, au sein d’un noyau dur que l’on pouvait recenser à 14 membres, ce n’est pas anodin. Ce qu’admettait d’ailleurs Dinart après le revers face aux Croates : «On dominait notre sujet, il y avait vraiment une ossature, un groupe d’anciens et on se rend compte que ces derniers commencent à partir avec le temps. Il va donc falloir renouveler l’effectif et faire quelque chose de cohérent. Il y a encore du potentiel au sein de cette équipe. Mais c’est avec les nouveaux joueurs que le staff va greffer autour que l’équipe de France restera performante ou pas.»
Le changement de génération est toujours une étape compliquée à mener au sein d’une équipe. Souvenez-vous de l’équipe de France de football championne du monde en 1998 et d’Europe en 2000 qui a progressivement périclité au fil des retraites des uns et des autres. Le handball tricolore, lui, a su jusqu’à présent se jouer de ce phénomène en se maintenant au sommet de la pyramide malgré la fin de «l’ère Jackson Richardson». Un savoir faire à la française dont il s’agit désormais de faire une nouvelle démonstration. Bonne nouvelle pour Claude Onesta, dans cette optique, il peut s’appuyer sur quelques cadres aux épaules solides. A commencer par Nikola Karabatic qui, malgré les tourments nés de l’affaire des paris, a réalisé une fort belle compétition en Espagne. Véritable maître à jouer de l’équipe de France, le Montpelliérain est en pleine force de l’âge, à bientôt 29 ans, et constitue le leader indispensable à toute reconstruction.
A ses côtés, les talents ne manquent pas. En particulier aux ailes où Luc Abalo, Samuel Honrubia et autre Michaël Guigou constituent un riche vivier, d’autant plus que Valentin Porte ou Arnaud Bingo pointent déjà le bout de leur nez. Au poste de gardien, Thierry Omeyer n’est visiblement pas prêt de tirer le rideau et Cyril Dumoulin ou Vincent Gérard constituent des doublures de luxe. En pivot, Cédric Sorhaindo demeure incontournable, de même que le duo William Accambray-Xavier Barachet sur la base arrière. Reste une question centrale : qui pour remplacer Dinart dans le rôle clé de chef de la défense ? En effet, ses succès, la France les doit à l’excellence de son arrière-garde. Et à son état d’esprit conquérant. Les deux perdureront-ils alors que certains s’en vont ? Le défi s’annonce immense pour Onesta et ceux qui restent. Mais remporter tous ces titres lors des six dernières années n’en était-il pas déjà un, magnifiquement relevé ?





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