«A nous d’assumer»
Par Cédric Callier, 12-12-2011
Sans le raté face au Brésil, la France aurait pu s’éviter un périlleux 8e de finale contre la Suède au Mondial. Mais pour Allison Pineau, il convient d’apprendre de cette erreur et surtout de l’assumer pour ne pas être, encore, «les dindons de la farce».
Allison, au vu du 1er tour que vient de vivre l’équipe de France, comment abordez-vous le 8e de finale contre la Suède ? En totale confiance ou encore marquées par l’accroc contre le Brésil ?
Allison Pineau : Je pense que l’on va l’aborder avec confiance et beaucoup d’humilité car la défaite contre le Brésil reste dans un coin de nos têtes. Il s’agira d’un match couperet, lors duquel nous n’aurons pas le choix, il faudra que l’on se donne à 100%. Et je crois vraiment que nous y serons car ce match contre le Brésil nous a vraiment servi de leçon.
Le fait de rester sur deux victoires contre les Scandinaves lors des deux dernières grandes compétitions constitue-t-il un avantage ?
Allison Pineau : Oui, cela peut jouer un peu dans la préparation du match. On se souvient très bien de ces deux victoires. C’est un peu comme nous face au Brésil, avec nos défaites précédentes contre elles qui ont peut-être joué un peu en seconde période, quand elles nous ont mises sous pression. Il y a aussi le fait que les Suédoises restent sur deux défaites lors du 1er tour (Ndlr : face au Danemark et à la Croatie). Cela signifie qu’elles ne sont pas en totale confiance, même si à chaque fois elles ne se sont inclinées que d’un but. Mais cela reste quand même deux défaites et cela peut aussi avoir son importance dans la manière d’aborder la rencontre. Même s’il faut, je me repère, que l’on garde beaucoup d’humilité et ne surtout pas commencer à se dire : «c’est bon, elles restent sur deux défaites et on les a battues les deux dernières fois, ce sera facile». Ce sera la pire erreur.
La clé du match sera-t-elle encore une fois votre capacité à les éteindre avec la qualité de votre défense ?
Allison Pineau : Obligé. On sait que la défense sera notre atout numéro 1 avec les montées de balle. Et l’on sait qu’offensivement, nous devons encore progresser dans cette compétition. J’espère que nous arriverons à le faire et que nous aurons surtout le temps de le faire.
N’avez-vous pas quand même un regret de jouer la Suède, à cause de ce raté contre le Brésil alors que vous aviez le match en mains ?
Allison Pineau : Non. A un moment donné, il faut arrêter avec cela. Nous avons fait une erreur et il faut l’assumer totalement. On s’est toutes trompées pendant 30 minutes et voilà… Aujourd’hui, notre parcours s’annonce plus difficile. Très bien, c’est comme cela. Nous aurions pu tomber sur la Côte d’Ivoire en 8es, mais ce ne sera pas le cas. Il n’y a pas de déception. Si l’on élimine la Suède, après, ce sera sans doute la Russie. Mais un quart de finale dans un Mondial n’est jamais simple de toute manière. A nous d’assumer notre erreur contre le Brésil pour continuer à avancer. On a perdu une bataille lors de ce Mondial, mais pas la guerre.
D’autant plus que l’équipe de France, par le passé, a souvent donné l’impression que plus c’était difficile, mieux elle se portait…
Allison Pineau : Il faut croire, même si c’est dommage qu’il faille toujours que cela se passe comme ça pour réussir. On avait vraiment un chemin plus accessible en finissant premières de notre poule. Depuis deux ans, on a néanmoins montré que nous étions capables de réagir dans la difficulté. Il faut juste croire que nous n’aimons pas les choses simples (sourire).
Sur un plan personnel, êtes-vous satisfaite jusqu’à présent de votre Mondial ?
Allison Pineau : Oui, tout à fait. Cela se passe très bien, je me sens en forme, que ce soit physiquement ou mentalement. Tout se passe pour le mieux, hormis le match contre la Tunisie où j’étais un petit peu moins bien. Mais sur la totalité des matches, je suis très satisfaite.
On a la sensation que vous avez trouvé une sérénité, une maturité dans le jeu qui fait que vous ne forcez jamais, que ce soit dans vos tirs ou vos passes…
Allison Pineau : Oui, je me suis servie de toutes mes expériences passées afin de trouver un équilibre, dans ma tête et physiquement. Auparavant, il me fallait toujours trois ou quatre matches pour trouver la bonne vitesse de croisière. Tant mieux pour moi. Il faut savoir retenir les erreurs et les leçons du passé. Il faut que je continue comme cela. Je ne suis pas focalisée sur un objectif particulier, mais j’en ai un peu marre d’être toujours le dindon de la farce en finissant 4e ou 5e. Aujourd’hui, le but, c’est de finir sur le podium, et si possible sur la plus haute marche. Cela constitue une motivation supplémentaire, avec les Jeux Olympiques. Cela m’aide aussi à me mettre directement dedans. J’espère vraiment continuer sur cette même lancée et ce, dès le 8e contre la Suède.








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