Ibrahimovic détient la clé
Par Nicolas Cerbelle, 16-03-2010
Buteur à Stuttgart au match aller, Zlatan Ibrahimovic n’a pas encore fait oublier Samuel Eto’o. Le Suédois est pourtant une pièce déterminante du système barcelonais.
Irrésistible en 2009 où il a tout raflé (Liga, Ligue des Champions, Coupe du Roi, Supercoupe d’Europe, Supercoupe d’Espagne et Championnat du Monde des Clubs), le Barça a connu un début d’année 2010 délicat. Le passage à vide de Zlatan Ibrahimovic n’y est certainement pas étranger. Auteur d’un début de saison canon avec notamment un but inscrit lors de chacune des cinq premières journées de Liga, ce que seul César avait réussi en 1950, le Suédois devenait alors la recrue la plus productive de l’histoire blaugrana, justifiant les 87 millions d’euros investis sur lui (46 millions + la cession de Samuel Eto’o). Régulièrement comparé au buteur camerounais, auteur de 30 et 4 buts en Liga et Ligue des Champions lors du précédent exercice, l’ancien Interiste a plutôt bien tenu la distance jusqu’à la trêve. D’autant que, de son côté, Eto’o, qui a pris le chemin inverse est loin des statistiques affichées par le scandinave en Lombardie (7 réalisations en Serie A, 1 seul sur la scène européenne avant les 8es de finale retour de la C1).
Les critiques pleuvent
Le problème, c’est que le rendement d’Ibrahimovic a baissé en 2010. En championnat, il n’a ainsi trouvé le chemin des filets qu’à une reprise, au cours de la première défaite de Barcelone contre l’Atlético Madrid (2-1) lors de la 22e journée. Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les critiques et parler d’erreur de casting. Le mythique ancien coach du Milan AC, Arrigo Sacchi, n’y est pas allé de main morte sur les ondes de Onda cero Catalunya : «Le Barça a commis une erreur en engageant Ibrahimovic. C’est un joueur fantastique dans un sport individuel. Mais dans un sport d’équipe, jouer pour les autres lui coûte cher, il joue de manière solitaire.» Attaqué de toutes parts, le grand Suédois a pu compter sur le soutien de son président Joan Laporta : «Je suis convaincu que nous gagnerons la Liga. Je ne regrette pas d’avoir recruté Zlatan. C’est un grand joueur, du niveau du Barça, il a des inspirations de génie. Et bien qu’il soit en période d’adaptation, je suis sûr qu’il va nous procurer de grandes joies.»
Le Barça plus efficace avec lui
Le plaidoyer de Marcel Desailly, totalement externe au Barça, est plus inattendu et va à l’encontre de la pensée unique. «Ibrahimovic s’est amélioré depuis qu'il est en l'Espagne. Il a ajouté une nouvelle dimension au jeu d'attaque de Barcelone. Quand il est en forme, il donne l’impression de pouvoir marquer quand il le veut alors même qu’il n’est un goleador né.» Une statistique témoigne d’ailleurs de l’importance du joueur dans le système catalan. Avec «Ibra», le champion d’Europe a gagné 85% de ses matches ; sans lui, seulement 50%. Ses supporters estiment que sa méforme est passagère. Sans doute à juste titre. Rappelons que le natif de Malmö a été récemment gêné par une blessure à la cheville droite qui l’a notamment privé du match contre Santander. D’ailleurs incertain pour le 8e de finale aller de la Ligue des Champions à Stuttgart, il avait finalement tenu sa place. Loin d’être brillant, il avait quand même réussi à arracher l’égalisation (1-1), plaçant les Catalans en position favorable avant le retour au Camp Nou. Suspendu le week-end dernier contre Valence suite à une expulsion sévère à Almeria (2-2), Ibrahimovic sera titulaire mercredi. Pep’ Guardiola pourrait même adapter son traditionnel 4-3-3 et 4-2-3-1 afin de laisser plus de place à son buteur sur le front de l’attaque.








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