Docteur Jekyll et Mr Hyde
Toute la déception de Toulalan, Cris et Makoun au coup de sifflet final au Stade du Ray (DPPI)
Enorme de courage et combativité à Liverpool en Ligue des Champions, Lyon a sombré à Nice samedi soir (4-1). Un revers cinglant qui sème le doute sur la capacité des Gones à enchaîner les deux compétitions.
par Aurélien Billot, le 25-10-2009On les avait quittés fous de joie après leur exploit à Anfield mercredi soir (1-2), on les a retrouvés les yeux hagards et les mines défaites après leur revers presque historique au Stade du Ray (4-1). Historique car, s’ils en avaient pris cinq à Barcelone la saison passée en Ligue des Champions (5-2), les Lyonnais n’avaient plus encaissé quatre buts en Ligue 1 depuis près de trois ans et demi (4-0 à Lille, le 6 mai 2006) ! Et encore dans une rencontre qui n’avait plus d’enjeu sportif. Déjà battus par Sochaux la semaine dernière à Gerland (0-2), les Gones enchaînent donc par une deuxième défaite d’affilée là encore assez rare ces dernières années en championnat. Alors bien sûr, la situation est encore loin d’être catastrophique puisqu’avec ses 20 points en 10 matches, l’OL reste dans le sillage de Bordeaux (22) et Monaco (21). Mais tout de même, prendre six buts et n’en marquer qu’un en deux rencontres contre des mal-classés, cela fait désordre quand on aspire à récupérer sa couronne.
«On a pris une fessée»
«On a pris à Nice une fessée qui fait mal, a ainsi résumé Jean-Michel Aulas. Nous n'avons pas su nous remettre en cause après notre victoire à Liverpool, victimes d'une overdose de félicitations. Nous sommes restés sur notre petit nuage, croyant que tout serait facile. Il ne faut surtout pas tomber dans l'erreur de la saison passée, lorsque nous avions délaissé le championnat. Cette compétition est la plus importante». Manque d’humilité donc selon le président, mais manque de fraîcheur aussi. Car outre les absences de Lloris et Källström sur blessures, Claude Puel avait décidé d’aligner exactement les mêmes qu’à Liverpool. «J’aurais peut-être dû faire tourner mon effectif mais ça, on ne le sait qu’après», a-t-il d’ailleurs reconnu. Réputé frileux, le technicien rhodanien a bien tenté de corriger le tir à la pause en délaissant son habituel 4-3-3 pour un improbable 3-5-2 avec l’entrée de Bastos à la place de Cissokho, mais le mal était déjà fait (2-0). «Pour nous, c'est un match à oublier, ajoute Puel. On n'avait ni les arguments ni l'influx pour faire plus au Stade du Ray. Nous avons toujours eu un temps de retard, un manque de lucidité. Il y a des joueurs qui tirent la langue».
Vercoutre s’est loupé
Et c’est bien là le problème. Car même si Lloris, Boumsong, Bodmer, Cleber Anderson et Källström étaient indisponibles samedi, même si le match à Anfield a nécessité une débauche d’énergie extraordinaire, comment expliquer que certains ne puissent enchaîner deux matches de haut niveau alors que nous ne sommes qu’au mois d’octobre ? Rémy Vercoutre, titulaire pour la première fois de la saison en championnat samedi, ne faisait pourtant pas partie de ceux-là, mais ça ne l’a pas empêché de prendre le bouillon. Un ballon relâché sur le deuxième but, une sortie hasardeuse sur le quatrième, l’ancien Montpelliérain a souffert de la comparaison avec Hugo Lloris, encore impérial à Anfield. «J'en prends quatre ce soir, c'est comme ça, c'est la vie, s’est-il contenté de commenter. A 2-0 à la mi-temps, les Niçois avaient la partie belle et n'avaient plus qu'à nous contrer. Et ils ont bien su le faire. On était préparé à ça, donc on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes. Nice a été meilleur, point.» Une réaction sera donc attendue dès le week-end prochain pour un derby face à Saint-Etienne qui s’annonce plus bouillant que jamais à Geoffroy-Guichard. Et avec une semaine complète pour se préparer, ils ne pourront cette fois pas évoquer la fatigue…






























