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Casillas sur un piédestal

Iker Casillas Espagne Euro 2008 Iker Casillas a vécu une grande soirée face à l'Italie (Reuters)

Déjà très haut dans la hiérarchie mondiale des gardiens, Iker Casillas a franchi un nouveau palier face à l’Italie. Mais lui ne s’en soucie guère. Ce qu’il veut : être champion d’Europe.

par Cédric Callier, le 23-06-2008

A Vienne

Même s’il serait réducteur de résumer le quart de finale disputé entre l’Espagne et l’Italie à un duel entre Iker Casillas et Gianluigi Buffon, quelque part, pourtant, il est difficile de faire autrement. Tout comme il est impossible d’affirmer que le premier, pour avoir été le héros des siens, a détrôné au sommet de la hiérarchie mondiale des gardiens le second nommé. Mais la tentation, là aussi, est grande… Car Casillas a réussi une prestation époustouflante face à la Squadra Azzurra. Et pas seulement lors de la séance de tirs au but. Face à des Transalpins bien décidés à n’attaquer qu’à doses homéopathiques, le portier du Real Madrid n’aura quasiment rien eu à faire des 120 minutes de jeu. Mais c’est le «quasiment» qui prend toute sa signification lorsqu’on se rappelle sa magnifique parade du pied devant Camoranesi peu après l’heure de jeu. Ou encore sa non moins spectaculaire claquette sur une tête de Di Natale qui filait sous la transversale (95e). Le genre d’arrêts qui vous classe un gardien. Et que dire du penalty de De Rossi qu’il sortait au prix d’une superbe horizontale, avant de parachever son chef d’œuvre en repoussant la tentative, bien plus molle il est vrai, de Di Natale. « Je me souviens que la dernière fois que j’avais repoussé un tir au but lors d’une telle séance, c’était face à la Corée du Sud en 8es de finale du Mondial 2002. Sauf qu’à l’époque, cela n’avait pas suffi.»

Casillas le modeste
De son côté, son sélectionneur, Luis Aragones, ne nourrissait aucun doute : « Je savais qu’il en arrêterait au moins un. Il était parfaitement préparé et avec le talent qu’il a…» En une soirée, «San Iker» a donc ajouté une page à sa légende naissante, lui qui n’a pourtant que 27 ans. Peut-être bien la plus belle car jamais, en 88 ans, l’Espagne n’avait battu l’Italie en compétition officielle ! C’est dire pourquoi tous les médias espagnols craignaient cette fameuse malédiction le matin de ce quart de finale. Pour beaucoup même, la perspective de rentrer une fois de plus prématurément «a casa» n’aurait rien eu de surprenant. Mais Casillas en a décidé autrement, même s’il refusait de se mettre en avant au moment de recevoir le trophée d’Homme du match selon l’UEFA. « Je n’aime pas me retrouver ainsi, sur le devant de la scène. Je ne crois pas que ce soit quelque chose de constructif, d’être flatté de la sorte. Contre l’Italie, c’est tout le travail de l’équipe qui est à mettre en avant, pas ma simple prestation personnelle.» Avant d’ajouter : « J’ai la chance de pouvoir compter sur des grands joueurs à mes côtés. C’est sans aucun doute le meilleur groupe que j’ai connu en sélection. Tout le monde soutient tout le monde. Et chacun a la même importance dans ce groupe.»

«Un tout autre match»
Une modestie bien conforme au personnage. Pourtant, le portier du Real ne pourra pas échapper au statut de héros d’une nation qui se met à croire en la possibilité d’être sacrée. Comme l’expliquait dans ses colonnes le quotidien As : « Maintenant, nous pensons que tout est possible.» Un optimisme que réfrénait tant que possible Casillas après la rencontre : « Tout le monde me dit : c’est super, vous allez jouer la Russie en demies, donc vous irez en finale puisque vous l’avez déjà lourdement battu au 1er tour (4-1). Sauf que jeudi, ce sera un tout autre match, face à un adversaire qui est passé à la vitesse supérieure, comme on a pu le voir contre la Suède ou les Pays-Bas.» Car «San Iker» a connu trop de désillusions avec la Furia Roja par le passé pour se projeter déjà vers le 29 juin, date de la finale. Même s’il pense, comme son partenaire Fernando Torres, que ce cru 2008 pourrait bien « être celui de l’Espagne.»

En attendant les demi-finales :

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