Sur fond de tensions
Par Nizar Hanini, 16-11-2009
Victorieuse de l’Algérie samedi au Caire (2-0), l’Egypte a obtenu le droit de rêver en poussant les Fennecs à une belle. Une 3e manche qui se disputera en terrain neutre mercredi à Khartoum. Mais plus que l’aspect sportif, c’est l’environnement dans lequel se tiendra la rencontre qui inquiète.
Qui aurait pu imaginer le 12 novembre dernier, soit un jour avant le départ de l’Algérie en Egypte, que cette dernière rencontre couperet entre ces deux pays «frères» allait tourner au vinaigre ? Pas les deux peuples en tout cas. Car outre cette rivalité classique entre pays du Maghreb, rien ne laissait présager à de tels débordements. Pourtant, dès leur arrivée au Caire, plusieurs groupes de «supporters» égyptiens prenaient le car algérien en grippe, blessant même des joueurs. Touchés psychologiquement mais surtout physiquement, les Fennecs décidaient quand même de passer au-dessus des souffrances et se présenter plus que jamais motivés sur la pelouse du Cairo Stadium. Une motivation poussée à son paroxysme qui n’avait tout de même pas suffi face à des Egyptiens beaucoup plus conquérants (2-0).
La FIFA passe l’éponge
La déception atténuée, c’est la décision des instances de la FIFA qui refait surface aujourd’hui. Ou de la non-décision plutôt. La haute autorité du football mondial ayant fermé les yeux sur les évènements se contenant uniquement de «demander des garanties écrites confirmant le renforcement permanent des mesures de sécurité nécessaires autour de la délégation algérienne». Une intervention qui peut paraître disproportionnée alors qu’on parle d’une trentaine de blessés algériens au Caire. Circonstances aggravantes : l’Egypte est coutumier du fait. Des actes passés sous silence qui auront fait réagir même en France. Ainsi, Emmanuel Petit, dans l’émission Stade 2 diffusée dimanche, ne cachait pas son incompréhension sur le sujet : «Je ne comprends par les deux poids et deux mesures de la FIFA. On suspend Maradona deux mois pour des propos injurieux (…) et on ferme les yeux sur les incidents graves qui sont survenus au Caire». Des propos par ailleurs salués par la presse locale algérienne.
Le Soudan, un choix décrié
Prévoyantes, les deux Fédérations avaient anticipé le match d’appui. Un tirage au sort mettant aux prises Tunis, ville choisie par l’Algérie, et Khartoum, destination égyptienne, était alors décidé. Et à ce petit jeu, l’Egypte obtenait gain de cause à travers la main innocente de Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA. Un choix préoccupant quant on connait l’instabilité du pays incriminé. En effet, l’ouest du Soudan est frappé depuis 2003 par une guerre civile au Darfour ayant jusqu’à ce jour fait 300 000 morts et 2.7 millions de déplacés. Il est donc logique de se poser des questions sur les conditions de sécurité qui seront mises en place mercredi à Khartoum.
Un élan de solidarité sans précédant
Contacté par nos soins le lendemain des échauffourées, Karim Matmour évoquait alors l’effet inverse qu’avait provoqué cette mésaventure : «En voulant nous faire peur, ces individus ont plutôt provoqué l’effet inverse. La sélection est plus que jamais motivée. La cohésion au sein du groupe s’en sort grandie». Une solidarité qui n’aura pas laissé sans réaction le gouvernement algérien politisant un peu plus une rencontre qui prend des airs d’affaire d’état. Ainsi, selon Abdelawahid Bouabellah, PDG d'Air Algérie, «les voyages seront financés par un groupe d'entrepreneurs et opérateurs économiques algériens, notamment le groupe ETRHB qui s'engage à prendre en charge plusieurs vols». Un geste de bonté destiné à conduire 6000 Algériens au Soudan.
Mais la mesure la plus symbolique restera à n’en pas douter celle du président algérien, Abdelaziz Bouteflika. Supporter numéro un des Fennecs, le chef d’Etat n’a pas lésiné sur les moyens. Comme mesures phares entre autres : «les frais de visa seront gratuits pour les supporters algériens», tandis que les prix des billets d'avion pour un aller-retour Alger-Khartoum ont été révisés à la baisse, passant de 90 000 dinars algériens à 20 000 dinars (833 euros à 185 euros). Un élan de solidarité sans limite touchant même le pays «neutre» censé accueillir la 3e et dernière rencontre. Proche de l’Egypte politiquement parlant, le peuple soudanais n’en reste pas moins partisan des Verts. L’accueil en grande pompe réservé au onze algérien à leur arrivée au Soudan en est le parfait exemple. Des milliers de Soudanais arborant maillots et fleurs à l’effigie des Fennecs. Une réaction attendue en Egypte, les Soudanais ayant longtemps vécu sous domination égyptienne.








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Amis algériens, vous avez été formidables dans l'accueil réservé aux égyptiens à l'aller, montrez leur par votre ferveur pacifique et non violente que vous valez bien mieux qu'eux et que même si défaits, vous pourrez être fiers de vous et gardez la tête haute. Alors bon match de football à tous, je supporterai l'Algérie mais que le meilleur gagne. Nous les Hommes, egyptiens, algériens.. faisons preuve de sagesse, de respect, de fraternité et que le football en sorte grandi un français sur Terre
Comment ne pas avoir dénoncé fortement l'attitude désastreuse de la FIFA et avec le pouvoir médiatique dont vous disposez comment ne pas faire en sorte d'influer sur la gestion des qualifications entre ces 2 nations. Pourquoi le match n'a t'il pas été reporté ou disqualifier l'Egypte et comment organiser un match décisif au Soudan,souffrant déjà de graves difficultés avec des risques énormes : tirage au sort ou pas (entre Tunisie et Soudan) ne fallait il pas jouer ce match ailleurs, loin?