Football, Liga, 25e j

En champions !

Par Pierre Sampermans, 08-03-2010
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Real Madrid-FC Séville Marcelo-Andres Palop
Palop a longtemps retardé l'échéance pour Séville mais à finalement dû s'incliner - DPPI

Mené 0-2 à l’heure de jeu, le Real Madrid a finalement battu Séville 3-2 dans les arrêts de jeu au terme d’une remontée épique. Le faux-pas du Barça à Almeria (2-2) permet aux Merengue de prendre la tête de la Liga, à la différence de buts.

Notre correspondant à Madrid

Ce qu'il faut retenir :
Il y a des soirées inoubliables qui restent à jamais gravées dans la tête des joueurs, dans le cœur des supporteurs et dans l’histoire d’un club. Le Real Madrid vient d’en vivre une extraordinaire face à Séville, dans un Stade Santiago Bernabeu proche de la folie, qui a vu comment son équipe a été capable de remonter de manière épique un 0-2 à l’heure de jeu. Séville, pas n’importe qui tout de même dans cette Liga, avait en effet parfaitement entamé la rencontre en poussant Xabi Alonso à marquer contre son camp après un contre éclair emmené par le duo Navas-Capel (9e). Les choses s’étaient ensuite largement compliquées lorsque Casillas montrait qu’il était bel et bien humain et se laissait tromper par un coup franc totalement anodin de Dragutinovic (53e). Pellegrini s’enfonçait dans son banc et décidait de lâcher les chevaux en sortant Lassana Diarra et Arbeloa pour faire entrer Van Der Vaart et Guti. Deux changements offensifs qui furent finalement les détonateurs de la remontée des Merengue. Soudainement gavés de ballons, les artificiers du Real, Ronaldo et Higuain, multipliaient les tirs cadrés ou non. CR9 réduisait d’ailleurs le score sur un centre de Marcelo détourné alors que trois défenseurs se faisaient prendre par l’appel en profondeur de VdV (60e). 4 minutes plus tard, le même VdV tirait un corner au premier poteau que Sergio Ramos détournait dans les buts (64e). Guti, CR9 et Higuain cherchaient alors le but de la victoire mais les poteaux laissaient le Bernabeu souffrir un peu plus. Il ne restait plus que quelques instants de jeu quand Sergio Ramos, bien servi sur la droite par Guti, centrait au deuxième poteau pour Higuain. La tête de l’Argentin était repoussée par Palop mais Van der Vaart était le plus prompt pour pousser le ballon dans les buts. L’explosion du stade fut à la hauteur de la tension et de l’exploit. Les joueurs se réunirent alors tous au centre du terrain pour ne faire qu’un, conscients probablement que ce genre de victoire vaut bien une Liga.

Malmené par Malaga, bousculé à Stuttgart, contré à Almeria, le Barça semble avoir des difficultés ces dernières semaines à imposer son jeu. Pep Guardiola alignait pourtant son onze idéal - sans Henry, relégué sur le banc au profit de Pedro - pour ses retrouvailles avec celui qui fut son mentor, Juan Manuel Lillo, actuel entraîneur d’Almeria. Loin d’opter pour un marquage strict sur Xavi comme l’avait appliqué son prédécesseur sur le banc «almeriense» Hugo Sanchez à l’aller - marquage qui gêna terriblement les Blaugrana et qui fit passer à Xavi le «pire match de sa carrière» selon ses propres termes - Lillo s’était centré sur les ballons arrêtés et sur les contre-attaques. Stratégie payante puisque le premier but venait sur corner et le deuxième sur un contre que Puyol détournait dans ses buts. Les choses auraient pu être pires après l’expulsion d’Ibrahimovic pour un mauvais geste sur Cisma. Heureusement pour les Catalans, un certain Messi, déjà décisif face à Malaga, marquait coup-franc direct, puis sauvait le match nul en profitant d’une mauvaise relance de Guilherme. Une mauvaise affaire pour les champions.

Le top :
Avec 70 buts en 17 rencontres, les affrontements entre Séville et le Real Madrid ont l’habitude de donner un spectacle exceptionnel. Lors de ses trois dernières visites à Bernabeu, les Andalous l’ont emporté à deux reprises, 3-4 et 3-5. Cette fois, l’exploit n’a pas eu lieu mais le spectacle a encore une fois été éblouissant. Difficile dans ce genre de rencontre de sortir un joueur du lot. Pourtant, la performance de la rencontre côté sévillan revient certainement au gardien Andres Palop. Le dernier rempart andalou a en effet dû faire face à un véritable exercice de tirs d’artillerie lourde. La bande à CR9 a cadré la bagatelle de 14 de ses 33 tirs. Higuain, Guti et Ronaldo touchèrent par trois fois le poteau avant que Van der Vaart ne trouve finalement la faille. Mais si CR9 et le Néerlandais furent les grands finisseurs et les plus en vue, Guti fut probablement le véritable maître du chef d’œuvre merengue. Dès son entrée en jeu, il prit les rênes de l’orchestre et distribua le jeu avec justesse. Si le Real manquait jusque-là d’inspiration, Guti la lui donna avec maestria.

Le flop :
Diego Maradona ne perd jamais une occasion de se faire remarquer et rarement de manière positive. Invité d’honneur du Real Madrid, le sélectionneur argentin a suivi la rencontre depuis la tribune présidentielle de Santiago Bernabeu. Il était venu voir un bon match de football, mais aussi les performances de certains de ses protégés, Higuain et Perotti. Sa présence fut assez discrète jusqu’à ce que Jorge Valdano, directeur technique du Real, ne vienne le saluer. Maradona refusa tout simplement de lui rendre son salut et resta de marbre devant son compatriote et ex-coéquipier de la sélection nationale argentine. Explications du «Pelusa» : « Je ne sers pas la main d’un Argentin qui la met par derrière à d’autres Argentins.» Une manière «élégante» de montrer sa désapprobation du départ de Heinze pour Marseille et de la tentative de vente de Gago.

C'est dit !
«Nous étions menés au score et réduits à dix, mais l’équipe a répondu présent jusqu’à la fin», ou l’inaltérable positivisme de Pep Guardiola qui ne veut surtout pas parler de la perte de la première place de la Liga.

Les news des Franceses :
Thierry Henry et Robert Pirès relégués sur le banc, Julien Escudé mis au repos, Squillaci, Mathieu, Benzema et Abidal blessés, les Français se sont encore une fois faits rares sur les pelouses ibériques. Lass Diarra a tenu sa place au sein du onze merengue mais a dû sortir pour Guti alors que le score était de 0-2 en faveur de Séville. En face, Abdoulay Konko faisait son retour après près de six semaines d’absence mais il se blessa en tout début de rencontre et a dû laisser sa place à Adriano. Grégory Arnolin a participé à la sévère défaite de Gijon à Majorque (0-3).

Résultats de la 25e journée :
Samedi 6 mars
Deportivo La Corogne - Tenerife 3-1
Real Madrid - FC Séville 3-2
Almeria - FC Barcelone 2-2

Dimanche 7 mars
Osasuna - Getafe 0-0
Espanyol Barcelone - Villarreal 0-0
Malaga - Jerez 2-4
Majorque - Gijon 3-0
Saragosse - Atlético Madrid 1-1
Athletic Bilbao - Valladolid 2-0

Lundi 8 mars
Valence - Santander

Programme de la 26e journée :
Samedi 13 mars
Gijon - Athletic Bilbao
Getafe - Majorque
FC Séville - Deportivo La Corogne

Dimanche 14 mars
Valladolid - Real Madrid
FC Barcelone - Valence
Almeria - Malaga
Tenerife - Espanyol Barcelone
Villarreal - Jerez
Santander - Saragosse

Lundi 15 mars
Atletico Madrid - Osasuna

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