Rendez-vous sur le Tourmalet
Par Florian Egly, 20-07-2010
Au deuxième jour de repos, Alberto Contador et Andy Schleck, réconciliés, ne sont séparés que de huit secondes au classement général. Le Tour de France se jouera jeudi dans le Tourmalet.
8 secondes. Comme si le Tour et ce chiffre étaient liés par la force du destin. C’est donc tout ce qui sépare Alberto Contador et Andy Schleck après deux semaines et demie de course. Des broutilles, comparé à tout ce que les deux coureurs ont enduré depuis Rotterdam. On peut dire qu’ils se sont renvoyé la balle, du «bowling» de Spa aux pavés du Nord, du pif-paf d’Avoriaz à Mende, limitant ce Tour de France, auquel il ne manque pas grand-chose pour entrer dans la légende, à un duel en bonne et due forme. C’était jusqu’à cette fameuse histoire de saut de chaîne dans le Port de Balès. Andy a déraillé, Alberto a attaqué et c’est du venin qui s’est immiscé dans leur saine rivalité. Passé dans le rôle du grand méchant aux yeux du public, l’Espagnol s’est d’abord excusé, tout penaud. Puis est venu le temps de la réconciliation médiatique. L’une des images fortes d’un Tour de France 2010 qui en compte un paquet.
L’incident est clos
Après avoir eu le temps de parlementer dans la journée de mardi, les deux hommes se sont embrassés pour le plus grand bonheur des caméras, marquant un point final à leur dispute. «Alberto est venu me voir pour s’excuser, et j’apprécie. Il sait qu’il a fait une erreur et pour moi c’est suffisant. Le dossier est fermé», expliqua Andy Schleck, la cote de popularité plus que jamais en hausse. Le Maillot Blanc déclamera même face caméra : «arrêtez les sifflets», gêné par le traitement infligé à son ami Contador, et la segmentation grandissante du grand public, à son avantage. En faisant cela, le Luxembourgeois replace le débat sur le terrain, le seul endroit où les deux hommes n’ont jamais voulu s’expliquer. Il désherbe l’affrontement de toute passion malheureuse qui empêcherait son bon déroulement, à la loyale, jeudi, pour le dernier round.
Tout dans le Tourmalet
Depuis l’automne dernier, le Tour proposait le teasing d’un Tourmalet juge de paix. On y est puisque l’étape de mardi présentait trop de risques. «Nous avions un scénario qui prévoyait que si un groupe avait deux ou trois minutes au pied de la montée de l’Aubisque, j’aurais attaqué. Mais là l’échappée était bien trop loin», explique Schleck pour justifier son inaction. Le cache-cache d’Ax-3 Domaines, le dérailleur de Balès et la neutralisation de Pau sont autant d’occasions passées, sciemment ou non. Le voilà donc avec 8 secondes de retard à l’abord du dernier col. Au pied du mur. Les compteurs presque remis à zéro. «8 secondes, ce n’est rien du tout dans la dernière semaine. Comme je l’ai dit depuis le début, le Tour va se jouer au Tourmalet. Celui qui aura le Maillot Jaune en haut va gagner le Tour», promet Andy Schleck, contraint de s’accorder un joli réservoir de secondes en prévision du contre-la-montre de Pauillac (52 km de plat).
1’30 pour le chrono
Combien ? Difficile à dire précisément. Disons qu’avec une minute trente, le suspense serait préservé pour un autre duel d’homme à homme, par chrono interposé. «Je pense qu’Andy peut me poser des problèmes sur le contre-la-montre, tout simplement parce que c’est un grand coureur, se garde de tout pronostic Alberto Contador, dont le but est de s’imposer avec plus de 39 secondes d’avance, pour soulager sa conscience de cette maudite ardoise. Théoriquement c’est un avantage pour moi, mais je pense qu’il a beaucoup progressé dans ce domaine depuis l’année dernière». La question est de savoir si Schleck pourra distancer l’Espagnol dans le Tourmalet. Pour l’effet de surprise, c’est raté. Reste le moral indéfectible du Luxembourgeois. Les 10 secondes reprises à Avoriaz, le fait, qu’hormis à Mende, Contador ne l’ait jamais lâché, sont des éléments qui renforcent sa confiance inébranlable. Il peut se dire aussi que l’épisode du dérailleur a dévoilé la nervosité d’un Contador peut-être pas si serein que ça. De toute façon, il faudra y aller. Sans calculer.
Le Tour de France en images :








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A part sur 1 km à Avoriaz, Schleck n'a pas réussi à lâcher Contador dans la montagne. Et s'il attend le Tourmalet pour attaquer, alors la messe est dite : Contador va gagner le Tour. Il ne pourra jamais lui prendre 3 minutes sur cette seule montée, sauf si Contador est malade. Et 3 minutes, c'est bien le minimum syndical qu'il lui faut avant le CLM. En tous cas, il ne mérite que de perdre à cause de son manque de courage d'attaquer dans Avoriaz ou la Madeleine
t'es miro ou quoi ?? en CLM peut-etre mais en montagne surement pas cette année !
Schleck mérite rien du tout. Il est surcoté. On essaie de mettre un peu de piment mais personne n'est dupe. Contador est intouchable. En contre la montre ou en montagne.
le sport ne se joue pas au "mérite" sinon ca se saurait.
Schleck mériterait de gagner.