«On veut gagner les As»
Par Christophe Remise, 11-02-2012
Satisfait de la victoire du Paris-Levallois contre Nancy (99-93 ap), vendredi, Christophe Denis garde néanmoins la tête froide. Interrogé en conférence de presse, le coach francilien se projette d’ailleurs déjà sur la suite de la saison et sur la Semaine des As.
Christophe, votre équipe a une nouvelle fois fait preuve d’un gros mental…
Christophe Denis : (Il réfléchit) Je ne vais pas dire «comme d’habitude», parce que ce serait manquer d’humilité. Mais cette équipe du Paris-Levallois a, encore une fois, fait preuve d’une grande force mentale. On joue à sept et demi, huit, en ce moment. Giovan Oniangue apporte énormément d’énergie et une rotation supplémentaire qui nous fait énormément de bien en l’absence de Lamont Hamilton (Ndlr : forfait pour ce match et incertain pour les As, pour cause de blessure à l’épaule). On n’avait pas d’autre choix que de faire preuve d’une grande cohésion. On savait que ça allait être dur, qu’on allait devoir mettre énormément d’énergie sur le terrain et qu’il ne faudrait pas jouer à l’économie. On ne peut pas se le permettre contre Nancy. Au final, on gagne le match. Peu importe le scénario. Quand on gagne à huit après prolongation, c’est forcément qu’on a fait preuve de grandes qualités morales.
Comment expliquer le relâchement qui a failli vous coûter le match à la fin ?
Christophe Denis : Quand on se met «les fesses par terre» pendant 30 minutes, il faut s’attendre à un petit trou ! On n’est pas des surhommes ! Il ne fallait pas s’attendre à finir à +30. Je savais que si on les amenait dans les cordes, ça allait être très dur pour nous à un moment donné. Surtout avec des rotations limitées, notamment à l’intérieur. Les Nancéiens sont intelligents. Ils ont joué l’Euroligue et ont beaucoup d’expérience. Ils ont su profiter de notre manque de fraîcheur dans le dernier quart-temps. C’est normal. Par contre je suis très heureux qu’on ait su se remobiliser et trouver les solutions, à -4, pour les emmener en prolongation. Et quand vous voyez comment on a joué la prolongation… Je ne sais pas si ça vient du physique ou du mental, sans doute un peu des deux, mais on a eu suffisamment de ressources pour leur mettre la tête sous l’eau et ne pas lâcher le match.
En quoi cette victoire, face au champion de France en titre, est-elle importante ?
Christophe Denis : Elle est aussi importante que les précédentes. La victoire sur le parquet du HTV (80-91, 17e journée) a peut-être été laborieuse, mais elle est précieuse aussi. Elle est à mettre au même niveau que celle contre Nancy. Les victoires sont toutes laborieuses pour nous. On en a remportées 13 et il n’y a pas eu une seule de facile. S’il faut le reconnaître, mais je me force à penser le contraire, objectivement, battre Nancy à domicile, ça a une valeur toute particulière. Ça ne me donne toutefois aucune garantie pour le match contre Chalon, en quarts de finale de la Semaine des As. C’est pour cela que je prends du recul, même si je suis très heureux. Je ne peux pas faire la publicité de ce succès parce que, et c’est mon métier de coach, nous avons encore beaucoup de matches à jouer, beaucoup de cols à franchir. Cette victoire est à l’image de notre saison, magnifique, mais je veux rester concentré sur la suite du championnat.
Le PL a aussi réussi à faire sans l’un de ses joueurs majeurs, Lamont Hamilton…
Christophe Denis : Avant le match, beaucoup s’inquiétaient à notre sujet. Mais j’étais aussi le premier à dire qu’on peut jouer sans Hamilton. Le Paris-Levallois est une équipe (il insiste), avec de vieux soutiers comme Vincent Masingue qui a produit 29 bonnes minutes contre Nancy. Pendant de longs mois, certains joueurs sont dans l’ombre et font briller les autres. Mais quand on les appelle sur le devant de la scène, ils répondent présents. Comme Vincent ce soir. Michel Morandais en est un parfait exemple aussi.
Avez-vous eu le sentiment d’avoir été aidé par l’arbitrage come Jean-Luc Monschau, le coach de Nancy, semble le penser (*) ?
Christophe Denis : Il y a eu deux ou trois coups de sifflet très durs pour Nancy, c’est vrai. On est content de les avoir eus pour nous. Il y a peut-être eu un manque de cohérence sur certaines décisions arbitrales. Mais je ne sais pas si notre victoire est exclusivement due au corps arbitral. Chacun juge cela comme il le veut. J’ai souvenir d’avoir poussé des gueulantes sur l’arbitrage en début de saison. Maintenant, on nous donne des coups de sifflet. On nous respecte peut-être un peu plus du fait de notre classement. On fait aussi preuve de beaucoup d’agressivité. Ça porte ses fruits. Mais de là à remettre en question notre victoire…
Vous évoquiez la Semaine des As comme un objectif du Paris-Levallois…
Christophe Denis : L’objectif, c’était d’y être. Maintenant, on joue Chalon en quarts de finale. On ne va pas y aller pour faire du tourisme. Maintenant qu’on y est, on veut la gagner ! Je sais ce qu’il faudra faire pour la gagner. Je sais que ce sera très difficile, qu’on n’est pas la meilleure équipe des huit qualifiées et qu’on ne joue pas à domicile. Toujours est-il qu’on a certaines chances de la gagner, et qu’on va essayer de les saisir pour aller au bout.
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* : «Bravo à Paris, qui a fait un gros match, reconnait Jean-Luc Monschau, le coach de Nancy, en conférence de presse. Je suis très content de l’attitude de mes joueurs. On a fait suffisamment de choses dans cette rencontre pour mériter de la gagner. Ce qui a manqué ? Des lancers-francs sur toutes les actions près du cercle qui n’ont pas été sanctionnées. Le PL a eu 26 lancers-francs, contre 10 pour nous. C’est un chiffre qui ne correspond pas à la réalité du jeu. Si l’arbitrage est la seule raison qui explique notre défaite ? Il a en tout cas trop pesé. Difficile de jouer quand on amène la balle en-dessous dans les meilleures conditions et qu’on n’est pas récompensé par un panier ou des lancers-francs.»








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