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«Un problème mental»

Vincent Collet ASVEL Vincent Collet sait le travail qui reste à accomplir à l'ASVEL (DPPI)

Avant d'affronter Sienne en Euroligue, Vincent Collet a pris le temps pour Sport24.com de dresser un état des lieux de la maison ASVEL. Sans langue de bois.

par Cédric Callier, le 03-11-2009

A l’Astroballe

Vincent, quel qualificatif utiliseriez-vous pour décrire le début de saison de l’ASVEL : décevant ou catastrophique ?
Vincent Collet : Décevant. Il aurait été catastrophique si l’on avait perdu l’un des deux matches contre Strasbourg ou Poitiers. En championnat, nous n’avons réellement fait qu’une erreur, contre Dijon à domicile. Et encore, depuis, les Bourguignons ont gagné trois de leurs quatre autres matches, démontrant ainsi qu’ils formaient une bonne équipe. Ensuite, perdre à Roanne de 5 points ainsi qu’à Orléans n’est pas une honte, loin de là, même si l’on aurait préféré s’imposer évidemment. Le vrai problème de ce début de saison, c’est l’Euroligue et cette très lourde défaite à Kaunas, ainsi que le revers face à Fenerbahçe alors que l’on avait la rencontre bien en mains.

Au-delà des résultats décevants, n’est-ce pas le collectif balbutiant affiché par votre équipe jusqu’à présent qui vous inquiète le plus ?
Vincent Collet : Oui et non. D’un point de vue négatif, on peut dire que notre jeu ne progresse pas beaucoup sur le plan collectif. Mais paradoxalement, au classement général des passes décisives, on est la deuxième meilleure équipe de Pro A. Donc, on n’est peut-être pas si mal que cela… (sourire). Il faut toujours relativiser, mais il est clair qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas satisfaits par le jeu que nous produisons. Après, si on joue mal et qu’on gagne, je serais quand même moins inquiet. Donc, pour en revenir à votre question, les défaites m’inquiètent tout autant, si ce n’est plus, que la qualité de notre jeu.

Souvent, votre équipe connaît d’importants trous d’air lors de ses matches, comme ce 15-0 contre Poitiers samedi dernier par exemple. Comment expliquez-vous ces «absences» de 5-6 minutes ?
Vincent Collet : C’est un problème mental avant tout. De tels écarts ne peuvent être seulement le fait de la qualité de notre jeu. Je constate que lorsque nous sommes moins bons en attaque, l’équipe a tendance à se désunir en défense. Et cela, c’est un vrai problème, non pas de basket, mais de mentalité.

Est-ce dû à une absence de leaders au sein de votre effectif ?
Vincent Collet : Non. Je crois juste que c’est une absence de mental guerrier chez certains dans les moments difficiles. Quand tout va bien, des leaders dans cette équipe, il y en a plein. Une grande équipe, dans les moments difficiles, elle serre le jeu, elle s’accroche alors qu’une formation plus fragile peut s’écrouler. C’est ce qui nous est arrivé en début de saison, notamment à Orléans. Contre Fenerbahçe, on a vu du mieux dans ce domaine, en particulier dans le troisième quart-temps. Mais contre Poitiers, cela aurait pu se reproduire si l’adversaire avait été plus fort pour enfoncer le couteau dans la plaie. Notre problème est là, quand nous baissons de pied, nous le faisons des deux côtés du terrain alors que les bonnes équipes, elles, ont l’intelligence de serrer les rangs en défense pour laisser passer l’orage.

Laurent Foirest parlait aussi d’un énorme retard de préparation. Quel est votre jugement sur celui-ci, alors que l’équipe de France vous a privé d’une partie de cette préparation justement ?
Vincent Collet : On ne va pas pouvoir se servir de cette excuse de manière indéfinie. Cela fait six semaines que je suis revenu, soit l’équivalent d’une préparation. D’ici 15 jours, trois semaines maximum, si notre jeu n’est toujours pas en place, ce sera vraiment très inquiétant. Pour moi, les deux semaines qui viennent sont fondamentales. En Euroligue, on va jouer Sienne et Barcelone et franchement, il faudrait un miracle pour que l’on s’impose une fois. Mais on le savait au début de la saison et cela n’a rien à voir avec notre situation actuelle. Ces deux équipes font partie selon moi du Top 5 européen. Pour résister, il faudra déjà faire un très grand match, alors pour gagner... Après, on aura une semaine de coupure sur le plan européen et c’est à l’issue de cette période que l’on pourra faire un vrai bilan de ce début de saison. Et s’il ne s’est pas amélioré d’ici là, il faudra en tirer les bons constats.

Les blessures ne vous épargnent pas non plus. Quelle est votre opinion sur la possibilité de prendre un Américain supplémentaire, éventuellement au poste d’ailier ?
Vincent Collet : Il faut observer et ne surtout pas ajouter pour ajouter. Cela doit être pertinent et apporter une valeur ajoutée au collectif. C’est fondamental. Mais cette éventuelle recrue ne doit surtout pas nous empêcher d’améliorer notre fonds de jeu dès à présent. Ce n’est pas en empilant des joueurs que nous trouverons la solution. Il faut faire les choses dans l’ordre : améliorer d’abord l’ordinaire, à savoir notre jeu, avant d’y ajouter peut-être une petite touche d’extraordinaire. Parce que si l’on essaie de faire l’inverse, on risque de courir toute la saison derrière notre jeu.

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