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Un grand cru pour Rossi

Valentino Rossi Valentino Rossi a survolé l'une des saisons les plus dures de sa carrière (DPPI)

Même s’il est toujours délicat de comparer les saisons, le 7e titre mondial en Moto GP décroché par Valentino Rossi en Malaisie restera à coup sûr spécial pour le Transalpin qui aura dû sévèrement s’employer pour l’obtenir.

par Cédric Callier, le 26-10-2009

41 points d’avance à un grand prix de la fin de la saison. Une marge énorme, mathématiquement suffisante pour que Valentino Rossi soit déjà assuré de décrocher son 9e titre mondial, le 7e dans la catégorie reine. Mais contrairement à ce que ce chiffre pourrait laisser penser, cette nouvelle couronne aura sans doute été l’une des plus dures à aller chercher pour le Transalpin. La faute à une concurrence impitoyable avec Dani Pedrosa, Casey Stoner et, plus encore, Jorge Lorenzo. D’ailleurs, Davide Brivio, le responsable de Yamaha, ne s’y trompait pas après la course de Sepang : «Chaque année est spéciale, mais celle-ci l’a été encore plus car nous avons réalisé, dès le début de la saison, que notre principal adversaire se trouvait dans notre garage !» Avant d’ajouter : «Ce ne fut pas facile mais ce fut une saison fascinante pour tout le monde et nous sommes très fiers. Nous devons féliciter grandement Valentino parce que nous l'avons vu travailler plus dur que jamais cette année.» Une nécessité que le Docteur ne tardait pas à comprendre lors d’un début de saison dominé successivement par Stoner, puis Lorenzo. Mais sa régularité dans les moments difficiles lui permettait d’aligner les podiums (12 en 16 courses cette saison !), au contraire de ses contradicteurs.

Le chef d’œuvre catalan
Et lorsque l’été commença à poindre en Catalogne, Rossi passa la sixième avec quatre victoires et une deuxième place en six courses. Dont celle à Barcelone, véritable chef d’œuvre de son année avec un fantastique dépassement sur Lorenzo dans le dernier tour. Une infernale série qui faisait exploser en plein vol Stoner, victime tout autant de problèmes physiques que d’un moral au 36e dessous. Résultat, l’Australien abdiquait prématurément en s’imposant un break de trois courses. Ne restait donc plus que Lorenzo pour contester son hégémonie. Mais encore un peu tendre, le Majorquin rendait la main avec un double zéro pointé décisif en Grande-Bretagne et en République tchèque. Certes, dans la foulée, Rossi commettait bien sa seule véritable erreur de la saison à Indianapolis en voulant à tout prix s’imposer devant son jeune coéquipier, mais cela n’introduisait qu’un semblant de suspense supplémentaire qu’un nouveau succès, chez lui à Saint-Marin, venait chasser. Et comme par hasard, ce week-end, c’est une simple 3e place qui lui permettait d’obtenir la consécration, le symbole d’une saison où l’Italien a toujours su prendre le nombre de points qu’il fallait, y compris dans des conditions délicates comme sur la piste mouillée de Sepang.

Agostini dans le viseur
Une médaille de bronze en Malaisie qui le rendait presque aussi fier qu’une victoire : «Ce fut incroyable, aujourd'hui (Ndlr : dimanche), quand la pluie est arrivée. Tout le travail que nous avions fait jusque-là ne servait plus à rien et nous sommes partis dans l'inconnu avec les réglages.» Soit exactement le type de challenge qui le pousse à se dépasser encore et encore. «Je suis toujours aussi motivé», confiait-il ainsi. «Je veux continuer à m'améliorer, monter sur ma moto et gagner. Je tire toujours autant de plaisir à essayer de progresser et à travailler avec mon équipe. J'ai 30 ans mais le succès me fait encore vibrer et m'apporte beaucoup de satisfaction. Ma passion pour les motos me fait apprécier chaque course et m'aide à continuer à attaquer, même si je suis le plus âgé des pilotes de pointe.» Dans le viseur désormais de Rossi, le record de 122 victoires d’Agostini. Pour l’instant, le Docteur en est à 103, dont la 100e cette saison à Assen le rendit fou de joie. «Je suis tellement heureux d'avoir réalisé ce grand exploit. Quand j'étais arrivé à 70 victoires, je me disais que 100, c'était impossible. Mais pas à pas, saison après saison, je m'en suis approché. Je suis passé par deux années difficiles, en 2006 et 2007. Mais je suis revenu très fort en 2008, physiquement et mentalement.» Reste que la saison prochaine, Lorenzo, avec un an de plus, et Stoner, sur la lancée de cette fin de saison, ne devraient pas lui faciliter la tâche…

Le GP de Malaisie en images :

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