Rossi a-t-il déjà tout perdu ?
Par Gilles Festor, 16-03-2011
Pas au meilleur de sa forme et très loin des meilleurs lors des essais d’avant-saison, Valentino Rossi aborde la saison 2011 avec des doutes. Le génie italien doit se préparer à une année de transition.
Le rêve de Valentino Rossi de conquérir le titre mondial Moto GP sur une moto italienne va-t-il se transformer en cauchemar ? En rejoignant Ducati à l’intersaison, le pilote ne s’attendait peut-être pas à vivre une pré-saison aussi difficile. Quoique. Sur le plan de la santé au moins, l’Italien savait qu’il ne débuterait pas la saison à 100% de ses capacités. Opéré de l’épaule à la mi-novembre 2010, le Dottore compose toujours avec des douleurs persistantes. La dernière alerte est survenue en début de semaine après une petite chute en essais : «Le vrai problème c’est qu’à une heure et demie de la fin de la séance, j’ai commencé à me sentir moins fort au niveau de mon épaule et je ne pouvais plus pousser.»
L’épaule le freine dans sa progression
Diminué, Rossi n’a jamais été en mesure de se hisser en haut des feuilles de classement lors des séances hivernales. Repoussé à près de deux secondes à Sepang début février lorsqu’il découvrait sa Desmosedici, il est à peine parvenu à réduire l’écart qui le sépare des impressionnantes Honda. Et sa progression sur la GP11 reste fortement perturbée par son état de santé. «Nous ne sommes pas aussi loin que nous semblons l’être mais nous avons encore beaucoup de travail devant nous, au niveau de la moto comme sur le plan physique parce que mon épaule ne peut pas encore supporter deux journées d’essais intensifs.» Des propos plutôt inquiétants lorsqu’on sait que le Grand Prix du Qatar s’étale sur quatre jours, de jeudi à dimanche.
Sa Ducati est «sauvage»
Qualifiée de «sauvage» il y a quelques semaines, la Desmosedici donne énormément de fil à retordre au Transalpin. La machine de Borgo Panigale, radicalement différente de sa Yamaha de l’an dernier, exige un pilotage tout en survirage en faisant glisser l’arrière de la moto. Ces dernières années, seul Casey Stoner était parvenu à parfaitement assimiler ce coup de main : «Je me fatigue beaucoup à faire tourner la moto et je manque de vitesse en milieu de virage. Du coup, je ne parviens pas à adopter les trajectoires que je souhaiterais», s’inquiète l’Italien. Autant de difficultés qui poussent la star de la discipline à la prudence avant l’ouverture de la saison : «Pour moi, les Honda sont sur un autre planète. Elles sont au-dessus de tout le monde. Après, je ne sais pas trop… J’espère être dans le deuxième groupe.» A 32 ans, le meilleur metteur au point du plateau aura du mal à rééditer son tour de magie de 2004. Cette année-là, après avoir quitté Honda, il métamorphosa la Yamaha en véritable machine de guerre en l’espace de quelques semaines pour décrocher son troisième titre mondial dans la catégorie reine.








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