Haro sur les pilotes payants
Par Gilles Festor, 31-01-2012
Jarno Trulli, Vitantonio Liuzzi et plus récemment Felipe Massa s’inquiètent de l’invasion des pilotes payants sur la grille de F1. Avec la crise économique, le phénomène s’est amplifié.
Des pilotes qui payent pour obtenir un volant, le phénomène n’est pas nouveau en Formule 1. Mais la crise économique qui n’épargne pas les écuries a accentué le phénomène. Dernière victime en date : Rubens Barrichello chez Williams. Le pilote aux 19 saisons de F1 a cédé sa place à Bruno Senna, épaulé par de solides sponsors dans une équipe qui a perdu durant l’hiver le soutien de AT&T. Ce n’est pas un hasard si le neveu du triple champion du monde s’était empressé de remercier ses soutiens aussitôt son arrivée officialisée : «Je veux obtenir de bons résultats pour mon pays qui m’a soutenu et m’a aidé pour obtenir ma place.»
Sergio Perez (10 millions de dollars d’apport environ), Pastore Maldonado (12 millions d’euros d’apport environ), Vitaly Petrov (entre 10 et 15 millions d’apport)… Nombreux sont les pilotes à avoir forcé les portes de la F1 grâce à leur talent mais aussi à leurs soutiens financiers récemment. Lotus a décidé de tourner en partie le dos à cette stratégie en misant cette année sur Romain Grosejan (soutenu par Total à hauteur de 5 millions d’euros) et Räikkönen à la place de Bruno Senna et Vitaly Petrov.
Senna a démontré qu'il n'était pas assez bon
— Jarno Trulli
Un virage dans la politique de recrutement dont se réjouira Jarno Trulli, atterré par certains choix de son ancienne équipe dans La Republicca : «Dès que Robert Kubica a été mis hors-jeu, ils étaient finis. (Vitaly) Petrov n'était pas un leader pour l'équipe ni pour la voiture, et (Bruno) Senna a démontré qu'il n'était pas assez bon», explique l’Italien, conscient des difficultés financières actuelles mais convaincu que sur le long terme, cette philosophie ne paie pas : «Ceux qui paient sont moins habitués à souffrir et sont moins déterminés. Lorsque vous êtes jeune et que vous franchissez les étapes, vous vous retrouvez dans des situations où vous devez absolument gagner. Vous devez réussir car vous n'aurez pas de seconde chance.»
Le pilote Catheram n’est pas le seul à s’insurger contre ce phénomène. Vitantonio Liuzzi, qui a été soutenu par Red Bull par le passé, mais qui ne sait toujours pas s’il sera conservé ou non par HRT, s’insurge sur ESPNF1 : «Ce n'est plus une question de talent, ni d'habileté ou de CV. C'est une question d'argent. 60 à 70% des écuries de Formule 1 ont des pilotes qui apportent de grandes sommes d'argent.»
A son tour, Felipe Massa a gonflé les rangs de ceux qui s’insurgent contre le système. «C’est anormal que des pilotes qui ont remporté tous les championnats de monoplace avant la F1 aient besoin d’argent pour piloter. Or c'est aujourd'hui le cas pour toutes les écuries sauf pour les quatre premières», explique le Brésilien sur TotalRace. Le pilote brésilien s’inquiète peut-être pour son avenir. Fin 2012, à l’issue de son contrat avec Ferrari, il sera à son tour soumis aux règles du marché.








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