Pour Despres, c’est le Pérou !
Par Gilles Festor, 15-01-2012
Cyril Despres a remporté dimanche à Lima son quatrième Dakar. Un succès mérité sur fond de rivalité exacerbée avec son grand rival Marc Coma.
Le profil de l’étape : Pisco – Lima (29 km de spéciale et 254 km de liaison)
Comme le veut la tradition, la dernière étape du Dakar servait surtout de tapis rouge déroulé pour les vainqueurs. Ils devaient toutefois se méfier des 29 derniers kilomètres chronométrés dans les dunes.
Le point à l’arrivée :
La règle de l’alternance a été respectée. Depuis sept ans, Marc Coma et Cyril Despres ont pris l’habitude de se partager équitablement les victoires. Après 2005, 2007 et 2009, c’était donc au tour du Français de monter sur la plus haute marche à Lima, point final d’un parcours de 8363 kilomètres pour les motos. La dernière courte spéciale remportée par Pal Anders Ullevalseter n’a pas réservé de retournements de situation. Il y en a pourtant eu plusieurs tout au long de la quinzaine sud-américaine marquée il y a 24 heures par un dernier épisode, fatal au tenant du titre. Victime d’une erreur de navigation dans les dunes péruviennes, Coma a offert sur un plateau la victoire à son rival alors qu’il dominait le classement général vendredi soir. Mais le succès est tout sauf usurpé. Depuis le départ de Mar del Plata, Despres aura occupé la première place à huit reprises (Coma, trois) et se sera imposé dans trois étapes (Coma, cinq).
Si sur les pistes le spectacle offert par les deux hommes aura été de toute beauté, au bivouac le soir, ce fut une toute autre histoire. Les deux frères ennemis (ils défendent les couleurs de KTM) ont entretenu des relations très tendues bien loin de l’image fraternelle dégagée habituellement par les concurrents entre eux. Le dégel avait été annoncé avant le départ de l’épreuve mais la guerre froide a vite repris le dessus. D’un côté, le clan français donnant parfois l’impression de se recroqueviller sur lui-même, et de l’autre un camp espagnol soutenu par une presse ibérique omniprésente. Celle-ci n’a d’ailleurs pas hésité à jeter de l’huile sur le feu en apprenant que les organisateurs avaient repêché Despres au soir de la 8e étape. Le Tricolore avait été piégé par un rio boueux non signalé sur le road-book. Symbole de cette rivalité exacerbée, la poignée de main glaciale et furtive de samedi lorsque Coma a compris qu’il ne conserverait pas son titre. Si la logique mathématique est respectée, 2013 sera son année.
ils ont dit :
Cyril Despres (Fra, KTM) : «J'essaie de soigner tout le temps les détails. Cela me fait plaisir de bien faire mes devoirs, et dans mon métier, quand cela se passe bien ça se termine par une victoire. Aujourd'hui, on a gagné et c'est juste énorme. C'est définitivement le Dakar le plus dur auquel j'ai participé : physiquement éprouvant, mais surtout mentalement. Se remettre en question chaque matin et se bagarrer, c'est très dur dans la tête. Ce n'est pas comme un marathon de 42 km, c'est tous les matins qu'il faut repartir au charbon. Toutes les victoires sont jolies, mais-celle-là est particulière parce que le contexte a été délicat jusqu'à la fin, au dernier moment. C'est impossible d'imaginer ce scénario, dans lequel on se bat à coups de secondes. J'ai fait 90 ou 85 rallyes dans ma va vie, et c'est celui où j'ai le plus bagarré. Aujourd'hui je suis marqué. Stéphane Peterhansel, il n'en existe qu'un sur la planète. Je ne sais pas si je suis doué dans une voiture, je n'ai jamais essayé. Ce qui est clair c'est qu'il a un bon copilote, Jean-Paul Cotteret, et que moi j'ai un bon équipier, Ruben Faria.» (Site officiel du Dakar)
Classement de l’étape :
1. Ullevalseter (Nor, KTM) en 22’26’’
2. Coma (Esp, KTM) à 1’08’’
3. Svitko (Slq, KTM) à 1’43’’ (Esp, KTM) à 3’00’’
4. Farres Guell (Esp, KTM) à 2’01’’
5. Botturi (Ita, KTM) à 2’11’’
Classement général :
1. Despres (Fra, KTM)
2. Coma (Esp, KTM) à 53'20''
3. Rodrigues (Por, Yamaha) à 1h11'17''
4. Viladoms (Esp, KTM) à 1h40'56''
5. Svitko (Slq, KTM) à 1h47'28''








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