Peugeot, encore raté !
Le trop McNish-Kristensen-Capellola s'impose aux 24 Heures du Mans (Panoramic)
Comme en 2007, Peugeot a dû se contenter de la deuxième place derrière Audi. Le trio McNish-Kristensen-Capellola s’impose avec l'équivalent d'un tour d’avance sur la 908 n°7.
par Gilles Festor, le 15-06-2008La 76e édition des 24 Heures du Mans aura au moins apporté plusieurs enseignements au team Peugeot. D'abord que la vitesse sur le circuit sarthois n’est pas gage de victoire. Ensuite, que dans cette course mythique, plus encore que dans d’autres épreuves, la science des ravitaillements et de la stratégie pour s’adapter aux conditions changeantes, peuvent faire basculer la victoire d’un côté ou de l’autre. Et enfin que l’expérience est un atout inestimable pour un évènement unique comme celui-ci. Peugeot l’a appris à ses dépens dimanche en échouant comme en 2007 à la deuxième place, battu pour un tour par l’Audi n°2 du trio McNish-Kristensen-Capellola, mais aussi par la pluie qui n’a pas fait ses affaires. L’autre 908 de Franck Montagny complète le podium, à plus de trois tours derrière.
Victoire des stands pour Audi
La déception est immense pour la marque au Lion qui ne visait pas autre chose qu’une victoire après un «coup pour voir» il y a douze mois. Peugeot avait débarqué dans la Sarthe avec une 908 bien supérieure en termes de performances à ses rivales Audi, vieillissantes et en bout de développement, mais toujours aussi robustes. Cette année, c’est bien dans les stands que la victoire s’est jouée pour 4’31’’094. La preuve par quelques chiffres : l’Audi n°2 a effectué, comme on pouvait s’y attendre, trois arrêts de moins que sa plus sérieuse rivale (33 contre 36), la Peugeot n°7. Une plus faible consommation, quelques secondes grappillées ici et là aux ravitaillements et des relais un peu plus longs : la relative lenteur de la voiture allemande par rapport à la 908 n’aura finalement pas été si handicapante que cela.
Le coup de poker de Peugeot à 15h00
Dans la matinée, Audi avait repris les commandes de la course après un sublime mano a mano durant la nuit avec sa poursuivante, la n°7. La pluie avait nivelé les performances entre les constructeurs et donné un avantage évident au tenant du titre. Car sur piste mouillée, les 908 se montraient bien incapables de démontrer leur écrasante domination entrevue durant les essais qualificatifs. L’Audi de Tom Kristensen devançait donc les deux Peugeot n°7 et n°9 avec respectivement 1 et 3 trois tours d’avance au lever du soleil. L’écart est resté stable jusque dans la dernière heure lorsqu’une averse venait semer le doute dans le clan du Dr Wolfgang Ullrich, directeur d’Audi Sport. La n°2 rentrait aux stands pour chausser des gommes intermédiaires. Obligé de jouer son va-tout et sachant que si la piste restait mouillée, il serait impossible de viser la victoire, le team Peugeot prenait le pari audacieux de monter des gommes slicks à Nicolas Minassian sur la 908 n°7. Un dernier coup de poker qui ne s’est pas avéré payant. Tom Kristensen, l’homme aux huit victoires au Mans, un record, assurait le dernier relais pour la monoplace victorieuse. Devant 258 000 spectateurs, le Danois offrait à la firme d’Ingolstadt son succès le plus gratifiant car jamais depuis le retour des Allemands dans la Sarthe, la concurrence n’avait été aussi relevée.
Le classement des 24 Heures du Mans :
1. Audi Sport North America n°2 (Capello/Kristensen/McNish) 381 tours
2. Team Peugeot Total n°7 (Gené, Minassian, Villeneuve) 381 tours
3. Peugeot Sport Total n°9 (Montagny, Klien, Zonta) 379 tours
4. Audi Sport Team Joest n°3 (Luhr, Prémat, Rockenfeller) 374 tours
5. Team Peugeot Total n°8 (Lamy/Sarrazin/Wurz) 368 tours
6. Audi Sport North America n°1 (Biela, Pierro, Werner) 367 tours
7. Pescarolo Sport n°17 (Primat, Tinseau, Treluyer) 362 tours
8. Team Oreca Matmut n°5 (Ayari, Duval, Groppi) n°17 357 tours
La course en images :
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